Publié le 27 Janvier 2014

Julien Viaud alias Pierre Loti
(1850-1923)

Lumière d'Islande

officier de marine, romancier

Julien Viaud de son vrai nom fut officier de marine, grand voyageur et surtout romancier. Son œuvre, souvent autobiographique, nous conduit en Turquie (Aziyadé), au Sénégal (Le roman d'un spahi) ou au Japon (Madame Chrysanthème) dont le succès fut immense et qui inspira à Puccini, Madame Butterfly. Il a aussi voyagé de l'Égypte à Tahiti en passant par l'Inde… Le cadre de ses romans n'a pas toujours été aussi exotique, avec Pêcheurs d'Islande il décrit la vie des pêcheurs bretons, Ramuntcho se situe au Pays Basque où il termine sa vie. À 42 ans, il est élu à l'Académie française face à Emile Zola. Texte repris sur le blog Heredis.

Lumière d'Islande

RESUME : Entre Gaud, fille d'un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu'on nomme les « Islandais » parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord.
C'est l'histoire d'un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c'est surtout un grand drame de la mer, et l'une des expressions les plus abouties de ce thème éternel. Marin lui-même, Pierre Loti y déploie une poésie puissante, saisissante de vérité, pour dépeindre la rude vie des pêcheurs, l'âpre solitude des landes bretonnes, le départ des barques, la présence fascinante et menaçante de l'Océan.

Extrait : Lumière d'Islande

Dehors il faisait jour, éternellement jour.

Mais c'était une lumière pâle, pâle, qui ne ressemblait à rien ; elle traînait sur les choses comme des reflets de soleil mort.

Autour d'eux, tout de suite, commençait un vide immense qui n'était d'aucune couleur, et, en dehors des planches de leur navire, tout semblait diaphane, impalpable, chimérique.
L'oeil saisissait à peine ce qui devait être la mer : d'abord cela prenait l'aspect d'une sorte de miroir tremblant qui n'aurait aucune image à refléter ; en se prolongeant, cela paraissait devenir une plaine de vapeur, et puis, plus rien ; cela n'avait ni horizon ni contours.

La fraîcheur humide de l'air était plus intense, plus pénétrante que du vrais froid, et, en respirant, on sentait très fort le goût de sel. Tout était calme et il ne pleuvait plus ; en haut, des nuages informes et incolores semblaient contenir cette lumière latente qui ne s'expliquait pas ; on voyait clair, en ayant cependant conscience de la nuit, et toutes ces pâleurs des choses n'étaient d'aucune nuance pouvant être nommée.

Pierre LOTI

Lumière d'Islande

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Rédigé par catherinebabou

Publié dans #Commentaires de lectures

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