Publié le 26 Février 2013
D'Ocre et de Cendres de Michèle PERRET Edité chez AMARANTE

D'Ocre et de Cendres de Michèle PERRET Edité chez AMARANTE
Des tranches de vies Oranaises nous sont contées avec beaucoup de délicatesse et de tendresse par Michèle PERRET.
Nous avons commémoré en 2012 le cinquantième anniversaire de la fin d'un rêve. Un rêve de paix et de fraternité, il faut à présent digérer ici comme là-bas, ce passé douloureux.
Ces femmes tellement attachantes racontées par l'Auteure, nous les avons peut-être rencontrées un jour, qui sait ? Prises dans un ouragan de violence, elles sont devenues les fantômes qui rôdent dans notre mémoire collective.
J'ai aimé chacun des personnages en imaginant leurs premières Amours, leurs traditions, leurs cultures, leurs espoirs, leurs silences, leurs cris et leurs combats.
Michèle Perret m'a émue et ses personnages m'ont bouleversée, je suis revenue deux fois sur " La lingère et les moustachus ".
En parcourant quelques lignes qui m'ont touchées particulièrement, j'ai eu envie de les partager avec vous qui passez dans mes pages
" Un chagrin muet et froid, les lèvres pincées, les yeux secs.
Elle a repassé soigneusement sa robe un peu démodée du deuil de Marinette, elle a épinglé à son revers sa chère broche en or ornée d'une améthyste, mis son ridicule petit canotier noir à voilette et monsieur Kouider nous a emmenées au cimetière dans sa fourgonnette.
Nous sommes restés un peu loin dans l'allée de cyprès, et quand le cortège est reparti, elle s'est avancée jusqu'à la tombe refermée. Et là, elle est restée longtemps, très longtemps, si petite, toute droite, toute raide, les lèvres pincées et les yeux secs - quels adieux devait-elle lui faire ?
Quand elle est revenue vers moi, soudain un peu voûtée, et qu'elle a manqué trébucher sur un caillou, c'est monsieur Kouider qui l'a retenue pour l'empêcher de tomber ".
Si j'ai choisi cet extrait page 73 c'est parce que j'ai visualisé Joséphine, fière et recueillie devant la dépouille... d'un mirage, cette terre d'Algérie oh combien piétinée !
Il faut se déraciner. Couper l'arbre et en faire une croix, et ensuite la porter tous les jours dit un jour Simone Weil, j'aime particulièrement cette citation.
Je vous conseille la lecture d'Ocre et de Cendres.
Vous pouvez retrouver Michèle Perret sur Facebook et sur youtube.
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